mercredi 29 juillet 2026

Neuf ans plus tard

Chouette étonnée

Petit point pour mes anciens/nes lecteurs/trices curieux : mais que s'est-il passé pendant tout ce temps ?

Neuf ans, le temps d'une grossesse (oui bon d'accord, l'expression c'est "Neuf mois le temps d'une grossesse", mais on ne va commencer à chipoter ! ).

Par quoi commencer ? Les Mini-Chouettes d'abord. 

Grande Chouette a 18 ans ! Elle est majeure. Et vaccinée (enfin, presque, il faut qu'on finisse ça cet été, elle aime toujours autant les piqures). Elle a passé un an à la fac, veut toujours travailler dans le cinéma, d'ailleurs elle vient de faire un stage sur le tournage d'un long métrage, il y aura son nom au générique et dans quelques années elle aura un César. Et un Oscar (non je n'exagère pas, j'anticipe ! ). 

Petite Chouette a 14 ans ! Elle va entrer au lycée. Elle est passionnée par la guitare électrique, les groupes de musique des années 60 à 90 et la confection de cookies. Pas d'idée d'orientation pour le moment, l'objectif de l'année était l'obtention du brevet, mais je lui prédis également un grand avenir (guitariste ? vendeuse de cookies ? créatrice de guitares en forme de cookies ?).

Les Minis-Chouettes sont donc toujours aussi choupies.

Et le Hibou me direz-vous ? Le Hibou dessine. Encore et encore. Avec talent et obsession (si, je suis objective). Avec quelques expos par-ci par-là. Mais on ne comprend toujours pas grand chose au marché de l'art. Je cherche donc des opportunités en croisant les doigts (ce qui n'est pas facile, surtout pour surfer sur internet).

Et la Chouette ? (oui, je parle de moi à la troisième personne si je veux). Entre deux épisodes de mal de dos, j'ai écrit d'autres livres (ici), j'ai été élue de ma commune, j'ai travaillé trois ans dans une agence immobilière, j'ai découvert avec stupeur que tout le monde ne fonctionnait pas comme moi (ou l'inverse) et j'ai fait face à un gros syndrome de la page blanche. Je suis toujours aussi pleine d'interrogations, traversée par autant de petits énervements (quotidiens vous diront le Hibou et les Minis-Chouettes) et d'enthousiame pour les petites choses ("Oh, des tablettes de chocolat en promotion ! " ).

On habite toujours la même maison, tous les voisins se sont renouvellés (mais il y a des choses qui restent d'actualité, par exemple ça). J'y reviendrai certainement dans de prochains articles, les gens étant source d'agacements d'étonnements continus.

Le mot de la fin revient à Petite Chouette, qui après avoir lu l'intégralité du blog, m'a dit :  "Notre vie n'a pas tant changé que ça". 

Et ça, en vrai, c'est chouette. 

lundi 27 juillet 2026

Le retour de la Chouette


Hier, on discutait tatouages avec Petite Chouette. En voulant lui montrer le dessin de chouette que le Hibou m'avait fait (et que je me ferais tatouer un jour, enfin peut-être, enfin si ça ne pique pas trop, bref, on verra) je suis retombée sur ce blog. Et sur la date du dernier article.

Ouille (oui, je suis toujours adepte des jeux de mots pourris).

Presque neuf ans. 9 ans !

Mais que c'est-il passé ? Parce que Dieu sait que je l'aimais mon blog. Il avait un petit lectorat, avec de chouettes (je suis la reine des jeux de mots je vous dis) retours, mais surtout il me servait à extérioriser toutes mes contrariétés, à partager mes petites et grandes joies, bref, il faisait partie de moi.

Petite Chouette a vu mon blog. Elle s'est passionnée. Elle l'a lu en entier. En un jour. Elle a adoré. Elle veut de nouveaux articles.

J'ai relu quelques passages. Je me suis souvenue du bien que cela me faisait. Je me suis redécouverte (parce que mon humour s'est bien caché depuis quelques années). Je me suis dit : "Et si je recommençais ? " Suivi de : "Je n'en suis plus capable" (je n'ai pas beaucoup changé finalement). 

Et là, mon cerveau s'est remis à mouliner, à me proposer des idées : j'avais envie (que dis-je, j'avais besoin) d'écrire !

Alors voilà, la Chouette est de retour. 😁

lundi 25 septembre 2017

Gamineries


La semaine dernière, j'étais en stage de découverte en animation périscolaire. Et j'en ai fait, des choses !

Des chouettes :

  • organisé un concours de châteaux de feuilles mortes ;

  • soigné des bobos ;

  • assisté au sauvetage d'un lézard (le pauvre y a perdu sa queue, mais ça partait d'un bon sentiment) ;

  • coaché une pitchoune sur comment ne pas se laisser abattre par le racisme ordinaire ;

  • observé une course d'escargots (une pensée pour la maîtresse qui va en trouver cachés dans les casiers des élèves) ;

  • inventé des dragons gardiens de châteaux de feuilles mortes (rapport au premier point) ;

  • enseigné la technique d'ouverture des packs de gâteaux individuels ;

  • servi de tête à coiffer ;

  • découpé et collé trente bandes de papier sur autant de pots de yaourts (une heure de préparation pour une activité qui aura pris moins de 10 minutes aux enfants) ;

  • chanté des chansons pour consoler un gros chagrin ;

  • joué le rôle d'un petit chien (et découvert que les devoirs, ça peut être sympa).


Mais j'ai aussi assisté à des choses flippantes :

  • des hurlements ;

  • des phrases étranges comme : " on est peut être moins nombreux, mais c'est nous les plus forts " ;

  • des démonstrations de force ;

  • de grands moments d'humour : " Elle est où pizza ? " , " Ah, Margarita ? Elle est dans la cour " (hilarant) ;

  • des intimidations : " Arrête de dire ça. Tu mens. Si tu mens. " Ben tiens, pourquoi il pleure et il a envie de vomir ? Il joue encore la comédie. "

  • des phrases pleines de bon sens : " Il prend prétexte qu'il est hyperactif pour embêter les autres ! "

  • des révélations : " Tu vas où pour les vacances d'Halloween ? " (les vacances de quoi ??? )

  • des humiliations ;

  • une activité coloriage de Minions (je vous jure) à l'écart du groupe d'enfants qui joue ;

  • de la logique pure : " J'en ai marre de tes gros mots ! Tu m'écoutes ou tu t'en fous ? " (Ah ! Il n'y aurait pas comme un gros mot, là aussi ? ).

De simples gamineries, me direz-vous.

Sauf que la deuxième liste, c'est une petite compilation de ce que j'ai pu observer de la part des ADULTES. Ceux chargés de s'occuper des enfants pendant le temps périscolaire. Il m'a fallu beaucoup de self control pour ne pas leur rentrer dedans et foutre (oulà ! gros mot) mon stage d'observation en l'air.

Heureusement, il y avait les enfants. On m'avait prévenu : " Tu verras, ils sont costauds, chez nous ! " Ils étaient adorables. Et aussi un peu bruyants et chahuteurs parfois. Des enfants, quoi.

Ca m'a fait flipper cette semaine. Dès le premier soir, je me suis précipitée sur les Minis-Chouettes pour savoir comment ça se passait dans leur garderie périscolaire. Elles ont ouvert de grands yeux étonnés et scandalisés en écoutant le récit de mes journées. Ouf, ça n'a pas l'air pareil chez nous.

Mais je pense aux parents, qui font confiance à ces adultes qui encadrent leurs enfants. Et à ces petits de 3 ans, qui se font gronder parce qu'ils sont tombés et arrivent en pleurant avec une bosse ( ??? ), à ces plus grands qui se font hurler dessus sans autre raison valable que de passer les nerfs des adultes.

La semaine m'a semblé trèèèèès longue. Heureusement, il y avait les enfants. Et Margarita, avec laquelle on s'est vite retrouvées sur la même longueur d'ondes. Scandalisées en tant que mamans. Et obligées de nous taire pour rester moi en stage, elle en remplacement.

Dire que des adultes (et pas que des jeunes) comme ça, il y en a sûrement beaucoup au contact des enfants ! 

Ca, ça fait vraiment, mais vraiment très peur.




samedi 9 septembre 2017

La vieille mémé



Souvent, les enfants ont des petits mots qui nous remontent le moral. Mais parfois, c'est la cata !

En plein de repas de midi, Grande Chouette me regarde, interrogative.

" Maman, dans dix ans tu auras quel âge ? "

" Ben dans dix ans elle sera morte ! Hein Maman ? " s'exclame Petite Chouette.

" Heu, ce n'est pas exactement ce que j'avais prévu ! " réponds-je, un peu sonnée.

" Ah bon ??? Alors tu seras une vieille mémé toute ébouriffée ? " insiste ma cadette.

Je n'ai pas su quoi répondre. Pour tout vous dire, j'hésite encore entre les deux options tellement elles sont tentantes ! 




samedi 2 septembre 2017

Oh my god !


Mes enfants croient que je suis la Vierge Marie. On a beau avoir parlé du sujet (surtout avec Grande Chouette, qui a bien évolué depuis cet ancien article), elles me considèrent toujours comme l'Immaculée Conception et protègent farouchement ma vertu. 

Il suffit que je sorte de la salle de bains en sous-vêtements pour qu'elles se précipitent :

" Attention, Maman ! Papa pourrait voir ta culotte... "

Je joue les effarouchées : " Oh mais quelle horreur. "

Souvent, avec le Hibou, on s'échange des regards amusés. Pour les Minis-Chouettes, je suis avant tout une maman. Que dis-je ? Uniquement une maman.

Et pourtant, non, la Chouette est aussi une femme ! Elle a des besoins, des envies (de chocolat, souvent).

Hier, les Minis-Chouettes sont allées trop loin. Je vous explique (attention, message personnel à ma mère : la suite est une anecdote croustillante et potentiellement choquante, tu n'es pas obligée obligée de lire ; bisous).

Hier soir, donc, le Hibou et moi étions couchés quand une tempête hormonale nous a conduit à des extrémités que les Minis-Chouettes n'imaginent même pas (n'essayez pas non plus, je serai plus à l'aise pour vous raconter la suite). A un moment, le Hibou a allumé la lampe de chevet, et on s'est rendu compte que quelqu'un nous regardait :


Les Minis-Chouettes avaient mis une peluche dans notre lit pour nous espionner !

Enfin, vu la tête qu'elle fait, je crois qu'on l'a tellement choquée qu'elle ne racontera rien du tout !


mardi 22 août 2017

Oh mon frigo !


Il y a des signes qui ne trompent pas. Moi par exemple, je sais que je suis maman de deux filles. Plein de petits détails me le rappellent au quotidien.

Hier par exemple : 18 h 45, je commence à me demander ce qu'on va manger pour le dîner (d'ailleurs si vous avez des suggestions, je suis preneuse). J'ouvre le frigo, et je tombe sur ça :



Moi : " ????? Les Minis-Chouettes, venez voir par là ! "

Pas de réponse. Pourtant, je les entends papoter dans la pièce d'à-coté devant un dessin animé...

Moi : " Les Miniiiiiiiiiiiiiiiiiiiis ! Vous m'entendez ou pas ? " 

Visiblement, non. Au bout de trois fois, je me décide à me déplacer au lieu de continuer à hurler de façon pathétique (et inefficace, vu la samba à fond dans le salon –elles regardent Rio-).

Moi : " Ben alors, vous ne m'entendez pas ? " (notez que j'insiste).

Grande Chouette : " Oh, Maman, tu nous as parlé ? " (Tu m'étonnes).

Moi : " Venez voir quelque chose... "

Petite Chouette sautille d'excitation : " Une surprise ? Une surprise ? "

Moi : " En quelque sorte... C'est quoi ces sirènes dans le frigo ??? "

Grande Chouette : " Il y a des fées aussi. "

Moi : " Quoi ? Ah, oui, des fées... "

Petite Chouette : " C'est parce qu'elles étaient restées dans la voiture. Elles avaient trop chaud. "

Moi (d'un ton ferme – Hum, c'est vrai quoi, sinon le frigo va bientôt être dans le même état que le salon) : " Allez, vous les récupérez maintenant, et vous les rangez ailleurs. "

En choeur : " Oh, non Maman, je t'en supplie ! Sinon leurs ailes vont fondre et elles ne pourront plus voler ! "

Que vouliez-vous répondre à ça ?

Depuis trois jours, j'ai donc dans mon frigo une bande de fées et de sirènes, très à leur aise entre yaourts et compote.

Et vous savez quoi ? En vrai, je trouve ça trop mignon...



vendredi 4 août 2017

Démarque inconnue


Quand j'étais étudiante, j'ai passé deux étés à travailler comme caissière (maintenant on dit hôtesse de caisse, c'est plus classe. Toujours aussi mal payé, mais plus classe). On avait eu droit à une courte formation, pendant laquelle j'avais découvert un terme barbare : " la démarque inconnue ".

Vous connaissez ?

La démarque inconnue, c'est le terme utilisé pour désigner la différence entre le stock de produits théoriquement en rayons, et ce qui est vraiment comptabilisé pendant les inventaires. En gros, ce sont des produits qui ne sont pas vendus, mais qui disparaissent mystérieusement du magasin. 

Enfin, mystérieusement... On a quand même une idée de ce qu'il se passe (contrairement au sort des chaussettes orphelines pour qui le mystère reste entier). Une grosse partie de ce manque à gagner vient du vol : que ce soit par le personnel (j'ai connu un vigile de nuit qui se vantait de faire sortir du matériel) ou par les clients.

J'avais été étonnée que le personnel se serve dans les rayons (leur salaire mirobolant ne leur suffisait donc pas ? ). Un peu moins concernant la clientèle. Entre les nécessiteux, les frimeurs et les kleptomanes, cela se tenait.

Mais aujourd'hui, je viens de découvrir une nouvelle cause à ce fléau : le vol par inadvertance, aussi appelé syndrome de la chouette tête en l'air (je tiens tout de suite à préciser que ça n'a rien à voir avec moi).

Prenons l'exemple d'une jeune femme qui va faire ses courses. Elle remplit son caddie, tente de rationaliser le tout en mettant les fruits et les chips à l'écart des boites plus lourdes qui pourraient les abimer. Et tiens, ce pack de Coca, il serait bien dans le petit siège enfant du chariot ; même pas besoin de se baisser pour le poser dans le caddie, c'est que c'est lourd, ces cannettes. Et de continuer ses courses tranquillement... 

Tout se passe bien : les courses sont terminées en un temps record (c'est le mois d'août, tout le monde est parti), il n'y a presque personne à la caisse, la caissière est souriante, et la note pas trop salée. C'est parti direction le parking.

Arrivée à la voiture, notre héroïne range soigneusement les courses dans le coffre avant de ramener le chariot. Elle récupère son sac à main posé dans le siège enfant du caddie, et là, c'est le drame. 

Vous vous souvenez ? Le pack de Coca ? 

Et bien il est toujours là.

Image d'illustration

Fébrile, la jeune femme se précipite sur son ticket de caisse. Le Coca n'y figure pas. Alors, c'est du vol ? La cliente avait complètement oublié la présence de l'article, l'hôtesse de caisse n'a rien vu, et le vigile qui discutait deux caisses plus loin n'a pas levé un sourcil.

Vous feriez quoi, vous ? Parce qu'il n'y a pas trente-six options mais deux :

  • la méthode judéo-chrétienne, qui te fait culpabiliser direct ( " voler, c'est mal " ) avec petit angelot qui te murmure à l'oreille de retourner dans le magasin signaler que tu n'as pas payé l'article ;

  • et la méthode délinquante, qui consiste à enfourner l'objet du délit dans le coffre de la voiture en te retournant dix fois pour voir si la police n'arrive pas.

Personnellement, mon éducation m'aurait certainement poussé à rendre l'article non payé (mais je rappelle qu'on ne parle pas de moi). En même temps, on ne doit pas avoir l'air benêt, de revenir dans le magasin, la mine honteuse, pour confesser qu'on a diminué le chiffre d'affaires de cinq euros.

La morale de l'histoire ?  Voler par omission, c'est possible. Mais c'est mal. 

Trrrrès mal.